Agile Codev

Au cours d’une discussion récente avec l’une de mes amies et complices nous avons évoqué deux sujets qui habitent mon esprit depuis un moment. Après cette conversation (et ces bières), je me suis pris à imaginer une approche qui pourrait les réunir (dans une sorte de cercle, pas d’anneau).

Le premier sujet est celui du « codev », c’est à dire les groupes de codéveloppement professionnel.

Dans la galaxie des outils de d’intelligence collective, le codev permet à ses participants d’améliorer ses pratiques professionnelles au sein d’un groupe qui se constitue en communauté d’apprentissage. Pour reprendre la description qu’en font les inventeurs, ceux qui ont en tout cas formalisé la pratique, le groupe de codev répond à 7 grands objectifs :

  1. Apprendre à être plus efficace
  2. Comprendre et tenter de formaliser ses modèles
  3. Prendre un temps de réflexion
  4. Avoir un groupe d’appartenance
  5. Consolider l’identité professionnelle
  6. Apprendre à aider et à être aidé
  7. Savourer le plaisir d’apprendre

C’est une méthode d’une puissance assez incroyable (pour plus de détail sur la façon dont ça se déroule, je vous renvoie au site de l’AFCodev), dans ses résultats immédiats (ce avec quoi repart le client, concrètement, le pouvoir de résolution) mais aussi beaucoup dans ce que chacun vit, ce que ça apporte à chacun.

En effet, le codev est moins une méthode de résolution de problèmes qu’un outil de développement de ses pratiques professionnelles (ce qui ne vas pas sans faire progresser le professionnel lui-même).

On y aide à résoudre des problèmes, oui, mais on y apprend surtout énormément ensemble. Entendre les situations posées par les autres en tant que client, voir ce que ça remue chez nous, ce à quoi ça nous renvoie ; entendre les feedbacks des autres, qui peuvent souvent nous être utiles ; apporter notre aide : pour ce que ça nous fait d’aider, et pour ce que nous apprenons car aider n’est pas simple. Pas simple par exemple de dire ce qui est juste pour cette personne dans ce moment, juger ce qu’elle pourra entendre, qui ne la heurtera pas, ne sera pas un jugement. De même qu’être sur ce siège là, celui du client, s’exposer, s’ouvrir à la vulnérabilité, entendre des feedbacks qui peuvent ne pas être faciles à entendre, ce n’est pas toujours simple.
Mais qu’est-ce que cette approche est puissante et enthousiasmante !..

Le deuxième sujet d’importance de cette conversation était celui des personnes qui nous aident, nous apportent des regards, feedbacks bienveillants, et parfois nous poussent gentiment juste en dehors de notre zone de confort.

J’ai fait ça il y a peu avec cette amie et je sais que j’ai moi aussi besoin de ça. Il y a parfois des sujets qu’on ne sait pas bien par quel bout prendre, qu’on n’arrive pas à faire avancer, parfois c’est les deux. Je parlais justement d’un sujet qui n’avançait pas assez et il s’est avéré relativement facile de nommer quelques petits pas qui pourraient le faire avancer. Quelques petits pas dont certains étaient déjà dans mon tableau type kanban personnel. Je tourne autour de cette envie de pouvoir partager de créer des conditions et des rituels qui permettraient à un petit groupe de s’aider à y voir plus clair et à avancer. Ca n’est pas du codev, en tout cas pas que…

Quelques heures plus tard m’est venue l’idée d’une sorte de fusion des approches Agile et du codev. Ça s’appellerait l’Agile Codev.

Maintenant que les acteurs ont été présentés, il ne reste qu’à exposer la scène.

Soit un groupe de participants motivés par l’envie d’avancer, d’apprendre ensemble, d’être aidés et de s’aider dans leurs projets individuels et leurs pratiques.

Imaginons une réunion de ce groupe. Elle commencerait par un rituel, façon « mêlée quotidienne » des méthodes Agile : réunis devant un tableau kanban, chacun son tour vient déplacer les cartes correspondants à ceux de ses propres sujets / tâches / petits pas qui ont bougé, changé de statut (été commencés ou terminés, typiquement).

Rituel Agile devant le tableau Kanban partagé

Comme dans la cérémonie empruntée aux méthodes Agile, c’est court, pas de discussions, une ou deux minutes chacun pour apporter ses changements et indiquer éventuellement les difficultés rencontrées, les obstacles à surmonter.

Ensuite, le groupe aborde le temps de codev à proprement parler. Selon la durée totale de la rencontre, sachant qu’il faudrait sans doute environ 30 minutes pour la partie Agile, il est possible de faire une ou deux séances de codev (ou de mixer une séance classique et un « flash codev » par exemple).

A la fin de chaque séance de codev, les « clients » expliquent ce qu’ils comptent garder et mettre en œuvre à court terme. Chaque « consultant » aura par ailleurs entendu et vécu des choses et peut-être ressenti également le besoin de mettre en œuvre quelque chose de nouveau, le traduire en action qui sera matérialisée et partagée sur le kanban, ou de modifier quelque chose qui était prévu…

Vient donc la dernière séquence : chacun peut prendre un temps pour modifier les éléments lui appartenant sur la tableau : ajouter ou supprimer des cartes dans le « backlog », la liste de ce qui est prévu.

La composante « Agile » joue ici le rôle déclencheur, une forme d’engagement. Le groupe, bienveillant, se fait témoin de cet engagement et va pouvoir encourager le suivi de ces actions (qui peuvent ou non constituer un projet, mais ça ne me semble pas indispensable), apporter des feedbacks si des difficultés sont évoquées ; difficultés dont on peut imaginer qu’elles seraient naturellement évoquées lors des sessions.

Tout ça mis bout à bout nous donne un groupe qui va ensemble développer ses pratiques professionnelles par l’approche codev et se soutenir dans la mise en œuvre de projets ou l’avancée sur des objectifs définis via l’approche Agile.

Voilà, c’est une méthode qui ne semble avoir existé que dans ma tête. Je n’ai en tout cas pas réussi à en trouver d’expression sur les internets. Cependant je crois à une des mes règles universelles :

« si tu l’as inventé, quelqu’un l’a fait avant toi (et c’est déjà sur internet). »

Moi

Je n’ai pas dû bien chercher, ou alors ça n’est juste pas raconté.

En tout cas moi j’ai bien envie de jouer.
Le temps est à l’été, la plage pour mûrir tout ça et j’aimerais bien en reparler à l’automne avec ceux que cette histoire aura titillés (dans ce cas, envoyez-moi un petit message où vous voulez (ici ou ) pour me le dire, pourquoi pas me parler de vos projets, envies) pour essayer d’organiser ça.

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