Penser avec les mains

Le temps d’un déjeuner, j’ai pu faire découvrir chez Infhotep la méthode LEGO® Serious Play® (LSP) pour laquelle je suis désormais facilitateur.

Cet atelier se tenait dans le cadre des fréquents « Midis de la Capi » organisés au Cabinet, occasions de partages de connaissances et d’expériences organisés le temps d’un déjeuner.

LEGO® Serious Play® (LSP) est une méthode d’intelligence collective basée sur l’utilisation de kits dédiés des fameuses petites briques, à laquelle je me suis formé en février 2019, qui offre de très nombreuses applications :

  • Faciliter la réflexion ;
  • Donner du sens ;
  • Stimuler l’imagination et la génération d’idées ;
  • Faciliter la communication ;
  • Supporter la résolution de problèmes.

LSP c’est du jeu, du jeu sérieux, qui nous rappelle que :

« jouer est notre manière naturelle d’adapter et développer de nouvelles compétences. C’est ce qui nous prépare à l’émergence et nous ouvre à la sérendipité, aux nouvelles opportunités ».

Brown Stuart: ”Play – How it Shapes the Brain, Opens the Imagination, and Invigorates the Soul”, Avery, 2009

Le but de cette expérimentation était non seulement de passer un moment agréable mais aussi de faire vivre l’expérience aux consultants Infhotep présents, afin qu’ils la comprennent. Il est en effet très tentant d’expliquer ce qu’est LSP, sur quoi ça repose, pourquoi c’est une méthode si intéressante, mais c’est très imparfait tant que ça reste théorique. Il est impossible de restituer par la théorie ce qui s’y passe et ce qu’on y vit. Et c’est là l’enjeu. 

Robert Rasmussen, l’un des deux créateurs de la méthodes, par qui j’ai eu la chance d’être formé, aime rappeler ce dialogue fréquent :

  • pouvez-vous m’expliquer LSP ?
  • Non. Mais je peux vous montrer.

Si la formule est amusante, elle est très juste. Je peux parler pendant 30 minutes de la méthode, invoquer les fondements scientifiques qui viennent éclairer sur ses modalités de fonctionnement, argumenter 50 aspects… rien de tout ça n’aura la même portée qu’une expérimentation.

Il est cependant compliqué de ne rien en dire. Alors si je devais ne citer qu’un argument, je mentionnerais « le passage du 80-20 au 100-100 ». C’est à dire ? C’est la possibilité de passer de réunions où 80% du temps de parole est occupé par 20% des participants à des ateliers ou 100% des participants prennent la parole sur 100% des sujets.

Un atelier LSP est un atelier dans lequel les participants sont tous impliqués, personnellement mais aussi dans le collectif. Ca passe par le côté manuel, mais aussi par le côté affectif qui se développe avec les modèles qu’on y construit et qui se racontent.

La méthode LEGO® Serious Play® permet de « penser avec les mains » et d’ « écouter avec les yeux ».

On y découvre aussi dans la pratique ce que j’explique en tant que facilitateur, mais qui n’est réellement compris qu’après avoir été expérimenté : si vous ne savez pas quoi construire, construisez quelque chose. Car c’est en faisant que l’on découvre parfois ce que l’on fait, que l’on comprend ce que l’on sait.

« Le fait d’élaborer un modèle avec ses mains offre la possibilité d’extérioriser une connaissance, une compréhension dont on n’avait peut-être pas la conscience. »

Marc, facilitateur.

C’est aussi un moyen d’élaborer une réflexion, dans un sorte d’itération : je vois ce que je construis, qui nourrit ma compréhension, qui nourrit ma construction…

Enfin, l’utilisation de modèles physiques et de métaphores permet d’enrichir sensiblement la représentation, là où les mots sont parfois faibles et où ils cristallisent parfois des discussions (pinaillages ?) pas toujours utiles. Si je montre une brique en expliquant qu’elle représente le service juridique, il n’y aura pas de discussion. On pourra se focaliser sur l’essentiel.

Ceci est un canard

Cette méthode permet d’aborder des problématiques individuelles, d’équipes mais aussi des réflexions systémiques avec la représentations de relations entre les éléments et le questionnement de ces liens.

LSP est une méthode enthousiasmante et puissante, engageante. Comme le remarque Pierre-Yves, l’un de mes cobayes du jour :

« J’ai remarqué une montée en puissance. Au premier tour il y a un peu de gêne à manipuler ces briques, on rit beaucoup, il y a de l’amusement. Petit à petit on voit qu’il y a de plus en plus d’attention aux autres, on est moins dans le ludique et de plus en plus dans le concret »

Pierre-Yves, consultant chez Infhotep

Cette méthode n’est pas magique et n’est pas une fin en soi, elle est puissante lorsqu’elle est employée dans une démarche qui a du sens et parce qu’on sait ce qu’il sera fait de ses résultats.

Cette expérimentation a permis a mes collègues de découvrir cette approche. Certains se sont même approprié l’outil et la puissance de la représentation visuelle en dehors de la méthode au sens stricte pour des sessions de brainstorming ou ce que l’on appelle « prise de notes en 3D ».

« Je crois vraiment à l’outil et à la méthode. Ca permet de matérialiser des idées. Dans une réunion il y a beaucoup de mots, qu’on oublie parfois. La représentation permet d’ancrer plus fortement les idées et les mots. »

Ce feedback me paraît d’autant plus intéressant que la notion d’ancrage m’est chère. C’était d’ailleurs un sujet abordé lors d’une session du Diplôme Codesign, dont je suis participant.

Cet atelier m’a permis d’affiner ma pratique encore jeune et de constater encore une fois l’efficacité de l’approche en général. J’y ai trouvé beaucoup de plaisir : celui de faire découvrir la méthode à mes camarades, leur apporter un moment ludique, celui de les voir progresser dans leur compréhension de l’outil et de sa puissance.

Vous aimeriez voir de plus près ? Essayer pour comprendre ?
N’hésitez pas à me contacter pour en parler.

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