Aïkido mental

Dans les métiers d’accompagnement, il est presque toujours question d’une problématique à débloquer, d’un problème à dépasser. Et, normalement, nos clients ont déjà essayé des tas de choses pour résoudre ce problème ou débloquer cette situation.

Ils / elles ont ssayé quelque chose, oui, et c’est pour ça qu’un jour ils décrochent leur téléphone pour appeler consultant, facilitateur ou coach et formuler une demande.

Essayé « des tas » de choses, pas toujours : bien souvent, ce sont des tas de variantes… de la même chose.

Dans toutes ces situations pour lesquelles nous autres coaches, facilitateurs et consultants sommes sollicités, il y a parfois des problématiques complexes, qui supposent de mettre au jour des choses bien enfouies ou intriquées pour avancer.

De temps en temps cependant c’est beaucoup plus simple à observer et parfois à débloquer.

Il n’y a pas de méthode magique, et comprendre la mécanique de ce qui se joue n’est même pas du tout une garantie d’accéder à un déblocage. 

Ce que j’ai appris en revanche, c’est que ce qui serait utile ou efficace n’est pas toujours où on l’imaginerait et que sur ce point, l’approche du coaching, qui vise à accompagner la personne à trouver ses propres solutions, est certainement préférable à celle de l’expert (ou alors on n’est dans une situation complexe).

Un ancrage de cet apprentissage pour moi c’est par exemple une personne qui était aux prises avec sa sur-mentalisation. Et plus particulièrement, son anticipation de tout ce qui concernait son sujet et la conduisait à l’évitement de ce qu’elle voulait réussir à faire. 

Lorsqu’elle a imaginé construire des indicateurs de son niveau de stress (avant, pendant et après), j’ai été un peu surpris par ce truc très mental. Mais pas autant qu’à la séance suivante.

Ces indicateurs lui avaient ouvert les yeux sur la manière dont elle anticipait le stress, qui une fois dans l’action et encore plus après était très acceptable. Cette « objectivation » du vécu lui a permis de faire baisser le stress d’anticipation, qui lui a permis de retrouver le chemin de l’action… etc.


Au point que durant le bilan je l’ai entendu dire qu’avant, le vécu n’avait « vraiment aucun poids » et « très peu d’impact » et que désormais « c’est le contraire. Il prend le dessus (…) ».

Ce qu’elle me décrivait, finalement : elle a utilisé la force de sa sur-mentalisation pour désarmer sa sur-mentalisation… 

Un peu comme de l’aikido mental.

Mon apprentissage : les personnes accompagnées savent mieux que nous, ce dont elles ont besoin c’est d’être aidées pour mobiliser leurs propres ressources.

En écrivant ces mots je repense au psychologue Donald Winnicott, qui dédiait un de ses ouvrages à ses patients : « to my patients, who have paid to teach me » [à mes patients, qui ont payé pour m’apprendre].

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